On ne tire pas sur les ambulances !

On ne tire pas sur les ambulances !

Jérémy Bacchi

Secrétaire départemental PCF 13

Voilà une maxime que je partage pleinement. Oui, mais voilà.

Depuis plusieurs années, ce gouvernement et les gouvernements précédents attaquent sans répit notre système de santé et de protection sociale. Assèchement des ressources de la sécurité sociale, multiplication des fermetures de lits dans les hôpitaux, fusions d’hôpitaux au nom d’une soit disant mutualisation, effectifs insuffisants, personnels épuisés et sans moyen… Le gouvernement lui n’hésite pas à tirer sur l’ambulance et sur l’hôpital, et il le fait au bazooka depuis trop longtemps.

En 2018, nous lancions, avec les communistes des Bouches-du-Rhône, une grande campagne intitulée « de l’argent pour l’hôpital, pas pour le capital » dénonçant les fermetures de lits à l’AP-HM et la nécessité de l’embauche de 1 000 personnes supplémentaires. Nous mettions alors en garde contre le risque de surcharge hospitalière en cas de situation sanitaire préoccupante.

Les tenants de l’ordre établit nous riaient alors au nez, en nous traitant d’archaïques, de dépassés, en nous disant que l’heure était à l’ambulatoire et que nous n’avions plus besoin d’autant de lits d’hôpitaux, que la modernité s’accompagnait nécessairement de réduction des coûts, comme si on mesurait la vie d’hommes et de femmes en terme de coût.

Deux ans plus tard, voilà le résultat, leur « modernité » c’est la mort. La mort de milliers d’hommes et de femmes. Leur « modernité », c’est voir des médecins devoir choisir qui sauver entre deux patients faute de places et de moyens, leur « modernité », c’est des dizaines de milliers de familles qui vivent la boule au ventre ne sachant pas si elles vont pouvoir être soignées en cas de contamination.

Comble du cynisme, ce sont les mêmes qui ont contribué à tout détruire qui appellent aujourd’hui à l’unité nationale derrière eux, comme pour laver leurs consciences de tous les choix qu’ils ont adoptés depuis tant d’années au nom de leur dogme capitaliste.

Alors je sais, que l’heure n’est pas au règlement de comptes. Toute mon action, et celle des communistes est tournée en direction de celles et ceux qui luttent au prix de leurs vies contre ce fléau. Qu’elles et qu’ils soient personnels soignants, travailleurs sociaux, gaziers ou électriciens, agriculteurs…je leur suis infiniment reconnaissant et elles et ils pourront compter sur la solidarité sans faille des communistes.

Mais l’heure des comptes viendra, et à ce moment-là, la question  que nous devrons nous poser toutes et tous, et de savoir dans quelle société nous voulons vivre. Une société où le capitalisme continue de régner en maître absolu au détriment de millions d’hommes et de femmes pour assouvir son appétit vorace, ou si au contraire fort de cette expérience, nous bâtirons les contours d’une société plus juste, plus humaine et plus solidaire où la protection de chacun rimera avec la protection de tous.

Comme nos aînés l’ont fait durant la seconde guerre mondiale en créant le Conseil National de la Résistance, c’est au cœur de l’obscurité que nous devons faire jaillir la lumière. C’est aujourd’hui que nous construirons demain.

Discours de rentrée 2019

Discours de rentrée 2019

Discours de rentrée 2019

Jérémy Bacchi

Secrétaire départemental PCF 13

Chères et chers amis,

Chères et chers camarades,

Comme chaque année, c’est un plaisir pour moi de vous retrouver ici après la période estivale. J’espère que vous avez eu la chance de pouvoir prendre quelques vacances, que vous avez pu recharger vos batteries car en cette rentrée, nous aurons plus que jamais besoin de toutes et tous.

Mais je sais que tout le monde n’a pas pu recharger les batteries comme ils ou elles l’auraient voulu. Je pense à tous les camarades qui se sont investis dans la préparation et l’organisation de nos universités d’été. Je tiens une nouvelle fois à les remercier, tout comme nous pouvons remercier les camarades qui œuvrent depuis plusieurs jours pour l’organisation de notre assemblée de rentrée.

Les universités d’été du Parti communiste français, qui ont eu lieu pour la première fois sur notre département le weekend dernier ont été une véritable réussite. Autant au niveau de la participation avec plus de 1000 participants et participantes venus de la France entière que sur le contenu. Assurément nous avons marqué la rentrée politique.

Je ne peux pas parler de vacances sans avoir une pensée pour toutes celles et tous ceux qui n’ont malheureusement pas eu cette chance, faute de moyen. Ils étaient encore 22 millions cette année. Alors que dans le même temps nous apprenons que les 500 plus grandes fortunes ont vu leur patrimoine augmenter de 130 Milliards d’euros depuis l’élection d’Emmanuel Macron soit une hausse de 22% en 2 ans.

Dans ce combat acharné contre l’extrême pauvreté je voudrai rendre hommage à un homme.

Un homme qui aura consacré sa vie entière aux autres et plus particulièrement aux plus démunis.

Un homme qui aura permis à des dizaines de milliers d’enfants de partir chaque année en vacances.

Un homme qui avait coutume de dire « tout ce qui est humanité est nôtre » ce qu’il avait érigé en devise. Cet homme, vous l’aurez reconnu, c’est Julien Lauprêtre, Président du secours populaire, qui nous a quittés le 26 avril dernier.

 A nous aujourd’hui de continuer à faire vivre son héritage, de poursuivre son combat pour un monde plus juste, plus égalitaire, cela sera assurément le meilleur moyen de lui rendre hommage.

L’été aura été aussi malheureusement tragique pour des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Je pense bien évidemment à toutes celles et tous ceux qui fuient la guerre, la misère, l’horreur des combats à travers le monde et qui viennent au péril de leur vie s’échouer sur les côtes de l’Europe occidentale. Il est de notre devoir d’accueillir dignement ces milliers de personnes qui fuient l’horreur de leur pays. Il est de notre devoir de les accompagner. Mais avant toute chose il est de notre devoir de les secourir en mer. Quand je vois comment se comporte l’ensemble des gouvernements européens sur cette question des migrations j’ai honte. J’ai honte de l’attitude de ces gouvernements plus préoccupés par le profil de quelques actionnaires que par les vies de milliers de personnes qui s’échouent en mer Méditerranée. J’ai honte aussi, du silence assourdissant autour de ce drame qui se joue chaque jour à quelques kilomètres de nos côtes. Pire que l’inertie c’est la complicité. Et dans ce domaine, la France n’est pas exempte de tout reproche. Pire c’est avec un grand cynisme que le gouvernement se gargarise d’avoir accueilli 40 migrants de l’Open arms cet été. Rendez-vous compte : 40 personnes entre la vie et la mort qui erraient depuis plusieurs jours en mer pour un pays de plus de 60 millions d’habitants ! Mais dans cette surenchère ignoble, l’extrême droite est sans conteste la plus odieuse. Que ce soit en Hongrie où le président de la République Viktor Orban érige des murs, des barbelés, pourchasse sans répit femmes et enfants qui tenteraient de fuir la misère. Mais c’est sans nul doute à l’Italie que revient la palme de l’ignominie. Non content de laisser mourir en mer des milliers de personnes, l’ex ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini a fait au cours de l’été adopter par le Parlement italien une loi qui n’a rien à envier à l’Italie de Mussolini ou à l’Allemagne nazie. Cette loi prévoit une amende pouvant aller jusqu’à 1000000 € pour toutes celles et tous ceux qui souhaiteraient venir en aide à une personne en train de se noyer. Nous connaissions jusqu’à présent le délit de non-assistance à personne en danger ; il est dorénavant un délit bien plus grave en Italie : celui d’aider une personne en train de mourir.

La France s’honorerait d’ouvrir ses ports aux différents navires qui sillonnent la mer Méditerranée pour sauver des vies humaines. Il est de notre devoir, d’organisation progressiste, d’associations, ou même de simples citoyennes et citoyens de ne pas taire le drame qui se déroule sous nos yeux. Dans les semaines à venir la fédération du Parti communiste français des Bouches-du-Rhône prendra un certain nombre d’initiatives pour alerter sur ce drame immonde, pour exiger de l’État qu’il réponde enfin à l’urgence du moment.

Mais ce drame ne s’arrête pas pour ces millions d’hommes et de femmes mais surtout d’enfants lorsque ceux-ci débarquent sur nos côtes. Bien souvent le parcours du combattant, les drames se poursuivent, voire s’aggravent sur notre propre territoire. J’en veux pour preuve la gestion calamiteuse du conseil départemental des Bouches-du-Rhône au sujet de ce que l’on a coutume d’appeler les mineurs isolés. Ces enfants qui ont sillonné les mers, victimes de toutes sortes de sévices, de traumatismes, de violence, sont livrés à eux-mêmes sur notre propre territoire. Le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône se soustrait à sa responsabilité en n’accueillant pas ces centaines d’enfants à la rue.

Malheureusement cet été l’Europe n’a pas été le seul théâtre de ces différentes catastrophes. Le Brésil tout d’abord où le président d’extrême droite Jaïr Bolsonaro continue de mener une politique antisociale, de rejet de l’autre, mais aussi de la destruction de la nature. Lors de mon discours des vœux au mois de janvier dernier, je mettais en garde contre les promesses faites par le nouveau président brésilien de mettre à mal le poumon de l’humanité, la forêt amazonienne. Malheureusement nous ne nous étions pas trompés. Celui qui fut élu avec l’aide des multinationales de l’agrobusiness, comme notamment Carrefour, fait tout pour augmenter les terres cultivables au détriment de la forêt amazonienne, des populations qui y vivent et de la faune et de la flore. Nous ne comptons plus d’ailleurs les mouvements de protestation, des Indiens d’Amazonie contre la politique de Bolsonaro à leur encontre. Alors que les pays voisins, je pense notamment à la Bolivie, s’attèlent sur le front des incendies, nous avons d’ailleurs vu Evo Morales le président bolivien prendre des mesures pour interdire la vente de terre qui auraient été touchées par les incendies et a promis un reboisement de ces zones plutôt que leur exploitation en Amazonie et mettre tous les moyens de l’Etat bolivien au service de la lutte contre les incendies. Bolsonaro quant à lui reste enfermé dans sa logique de destruction massive. Un président d’ailleurs illégitimement élu, suite à l’incarcération injustifié de Lula quelques jours avant le scrutin, alors que ce dernier était largement donné vainqueur. Nous exigeons d’ailleurs sa libération immédiate.

Il s’agit là de nouvel exemple dramatique de l’incompatibilité entre développement du système capitaliste et protection de l’environnement. D’ailleurs, de plus en plus de françaises et de français, des jeunes notamment, ont conscience de cette incompatibilité-là. Les marches pour le climat qui se multiplient à travers l’Europe et le monde en sont la parfaite illustration. D’ailleurs les communistes seront bien évidemment partie prenante des marches, pour le climat, organisées fin septembre dans notre département. Loin de l’imaginaire collectif, les communistes ont toujours eu à cœur de travailler sur ces enjeux environnementaux.

Le réchauffement climatique auquel nous sommes en train d’assister n’est pas une vue de l’esprit, mais bel et bien une réalité. Il est important que nous puissions hausser notre réflexion, notre activité, nos actions sur des sujets qui préoccupent de plus en plus de français.

Rappelons aussi que le système capitaliste dans lequel nous vivons est un facteur plus qu’aggravant de cette situation climatique. Dans sa recherche effrénée pour le profit immédiat, dans sa volonté de suraccumulation du capital, le capitalisme en plus d’user l’homme, use la planète. En épuisant les ressources naturelles, en refusant de nouvelles technologies plus adaptées avec l’exigence de protection de l’environnement mais qui lui sont moins profitables du point de vue économique, le capitalisme accélère la crise écologique et environnementale au détriment des générations futures.

 Le capitalisme ne conçoit le progrès technique et technologique uniquement par le prisme de ce que cela pourrait lui apporter, et non comme un moyen d’améliorer les conditions de vie et de travail. Cette notion de progrès au service des hommes et des femmes, notion dont nous avons longtemps été les porteurs, doit être réaffirmée. Mieux, nous devons aussi considérer que cette notion de progrès doit être au service de la planète et de l’environnement. Dans un département comme le nôtre, où les enjeux environnementaux et industriels sont nombreux, la parole du parti doit être plus forte.

Plus la crise du capitalisme s’accentue, plus celui-ci accroit sa pression sur l’homme et la nature.

Face à l’idée qu’il faudrait arrêter toute production, supprimer des millions d’emplois pour préserver la nature, fermer l’ensemble des usines de notre territoire, de notre pays, mais face aussi au dogmatisme qui consisterait à dire que peu importe l’impact environnemental, l’essentiel c’est de pouvoir continuer à créer des emplois, il existe une troisième voie. Cette troisième voie c’est celle qui consiste à dire que la protection de l’environnement et la pérennisation et de créer la création d’emplois, sont intimement liées. Je m’explique, nous assistons aujourd’hui à la fermeture d’un certain nombre de nos industries sur le territoire sous le seul prétexte que l’appareil industriel serait vieillissant. Ceci est en partie vrai, du fait du manque d’investissement productif depuis de nombreuses années. Ce manque d’investissement a pour première conséquence un impact environnemental élevé. En contraignant les industriels à moderniser l’appareil productif nous agissons bel et bien en même temps sur l’impact environnemental et sur la pérennisation des emplois sur notre territoire. Je n’oublie pas pour ma part que les premières victimes de la pollution, des émissions de gaz à effet de serre mais aussi des particules fines rejetées dans l’atmosphère, sont ces travailleuses et travailleurs qui vivent autour des industries dans lesquelles ils travaillent. Quand on est communiste on n’oppose pas l’homme et la nature. On concilie les deux car l’un ne peut aller sans l’autre, et à l’inverse de ce que fait le Président de la République on ne supprime pas une ligne entre Perpignan et Rungis pour mettre des milliers de camions supplémentaires sur les routes.

Je ne peux résister à vous faire part d’une citation de Marguerite Duras en 1984 et qui résume à merveille ce que je viens de dire.

« Maintenant on pourrait presque enseigner aux enfants dans les écoles comment la planète va mourir, non pas comme une probabilité mais comme l’histoire du futur. On leur dirait qu’on a découvert des feux, des brasiers, des fusions, que l’homme avait allumés et qu’il était incapable d’arrêter. Que c’était comme ça, qu’il y avait des sortes d’incendie qu’on ne pouvait plus arrêter du tout. Le capitalisme a fait son choix : plutôt ça que de perdre son règne. »

Mais l’écologie n’est malheureusement pas la seule faillite de ce gouvernement.

1 Milliard ! Voici la somme qu’il faudrait pour pouvoir protéger les femmes victimes de violences conjugales. Alors qu’il manque 1 milliard d’euros pour accompagner et mettre à l’abri les femmes victimes, le Premier ministre annonce un plan de 5 millions d’euros.

Des mesures existent, il faut les mettre en place. Nous sommes mobilisés contre les violences faites aux femmes, nous exigeons l’application et la mise à l’ordre du jour du Parlement de la loi-cadre contre les violences faites aux femmes.

Nous demandons la mise en place de lieux uniques. Pour en finir avec les parcours semés d’embuches, nous proposons la création d’unités spéciales d’accueil des femmes victimes de violences dans tous les départements. Lieux dans lesquels les victimes pourraient accéder à la police, la justice, l’aide juridictionnelle, l’unité médico-judiciaire pour faire les constats et les prélèvements.
Ces unités devraient pouvoir s’appuyer sur un quota d’hébergements et de logements dédiés, dispositif clé pour la sortie des violences ; et d’un accompagnement par des consultations en psycho-trauma.
Avec seulement 46 Unités Médico-Judiciaires en France soit environ un pour deux départements, il est très compliqué pour les femmes victimes de faire constater les violences, de faire des prélèvements en cas de viols, de récolter des preuves pouvant servir devant la justice.
Les communistes seront aux côtés des associations et des proches des  femmes tuées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, pour continuer la mobilisation. Alors que nous avons dépassé la barre des 100 féminicides cette année, Ensemble crions haut et fort : Pas une de plus !

En marge des annonces qui ont été faites hier concernant la lutte contre les violences conjugales, le gouvernement a profité de l’été pour faire d’autres types d’annonces. C’est dans un contexte de forte mobilisation sociale, je pense notamment au mouvement dans l’éducation nationale au mois de juin dernier, je pense aussi aux multiples luttes dans les hôpitaux (et nous voyons bien avec le nouveau drame qui s’est déroulé à l’APHM où un homme de 73 ans atteint de la maladie d’Alzheimer a été retrouvé mort après 15 jours de disparition dans l’enceinte même de l’hôpital) et notamment dans les services d’urgence, qui ont eu lieu tout au long de l’été et qui se poursuivent aujourd’hui, que le rapport Delevoye sur les retraites tombe. Un rapport qui a pour unique but de mettre en pièces le régime solidaire de retraite que nous connaissons actuellement. L’âge pivot ou l’allongement de la durée de cotisation dont parle le Président de la République à 64 ans, correspond précisément à l’âge d’espérance de vie en bonne santé des Françaises et des Français. Nous voyons bien où est la logique de ce gouvernement.

Aujourd’hui, comme l’indiquent clairement les récentes enquêtes d’opinion, une majorité de citoyens a bien compris que cette réforme avait comme objectif de faire travailler davantage, de retarder l’âge effectif de départ à la retraite avec des pensions non garanties et réduites. Ce sont les plus belles années à la retraite qui sont attaquées, celles en bonne santé. Dans ce contexte, l’entrée au gouvernement de Jean-Paul Delevoye, qui, comme haut-commissaire à la réforme des retraites, a présenté ses préconisations en juillet dernier, confirme la priorité de l’acte 2 du quinquennat : en finir avec un système solidaire, achever une démolition engagée avec les différentes réformes des dernières années.

C’est pour ces raisons que nous serons dans la rue le 24 septembre aux côtés des salariés. Nous porterons pour notre part l’idée d’une réforme juste permettant à chacun de pouvoir partir à 60 ans (55 ans pour les métiers pénibles) avec une pension à taux plein, et une prise en charge des cotisations pour les périodes de non travail (chômage, formation, maladie, …). Pour y parvenir, nous devons supprimer les 30 milliards d’euros d’exonération dont bénéficie le patronat et les revenus financiers doivent cotiser au même niveau que les salaires.

Dans cette riposte nécessaire face à ce gouvernement rétrograde et libéral, les mobilisations sociales des semaines à venir seront bien évidemment déterminantes.

Il est aussi, d’autres échéances qui peuvent marquer un profond coup d’arrêt à la politique dévastatrice de ce gouvernement. Je pense bien évidemment aux élections municipales du mois de mars prochain. Emmanuel Macron compte faire de ces élections municipales un véritable test de sa politique nationale, lui qui n’a en théorie pas grand-chose à perdre puisqu’il ne dirige que peu de mairies à travers tout le pays. Ceci ne l’empêche pas pour autant de nourrir de grandes ambitions, des ambitions qu’il se voit aisément partager avec la droite, à la faveur d’accords électoraux au premier et/ou au second tour.
Emmanuel Macron, fait des grandes villes du pays sa priorité.

Dans ce calcul, la prise des grandes villes, ajoutée à l’intégration de certains conseillers municipaux Lrem dans des communes de taille moyenne ou des villages pourrait lui permettre lors du mois de septembre prochain au moment du scrutin pour les élections sénatoriales augmenter son nombre de sénateurs. Son ambition est de pouvoir obtenir une majorité des 3/5 au Parlement, majorité nécessaire à toute modification constitutionnelle. Nous savons bien ce que cela signifie sur notre territoire avec la volonté de ce gouvernement de voir fusionner la métropole et le département. Mais au-delà de la catastrophe que cela pourrait signifier au Parlement c’est bien de la vie de millions de françaises et de français qui pourrait s’en trouver dégradée si au lendemain du second tour des élections municipales Lrem arrivait à remporter bon nombre de municipalités sur les forces de progrès.

Dans notre département, nous sommes conscients des dangers qui existent de voir la droite et Lrem emporter un certain nombre de mairies. Forte de sa gestion à la tête du département de la métropole, de la région, la droite a les moyens financiers techniques et humains de pouvoir résister face à ce qui semble être une érosion au niveau national.
Nous ne savons que trop ce que cela signifie d’être absent des lieux de décision et des institutions. J’en veux pour preuve l’absence de toute opposition de progrès à la région. C’est d’ailleurs dans ce contexte que Renaud Muselier président de la région PACA, n’a de cesse d’attaquer les avancées sociales acquises par les majorités de gauche depuis 1998. Dernier exemple en date l’augmentation abyssale de la carte zou.

À Marseille non plus la situation n’est pas plus réjouissante. Après près de 25 années de gestion de Jean-Claude Gaudin à la tête de la ville, cette ville est en totale déliquescence. Une gestion qui a accentué la fracture Nord-Sud de la ville et au sein même des quartiers sud entre ghetto pour riches et quartiers populaires. Une ville qui a été vendue méthodiquement à la découpe aux promoteurs immobiliers depuis 25 ans. Ce sont d’ailleurs les grands gagnants des différents mandats de Jean-Claude Gaudin et de sa majorité. Qui dit gagnants dit perdants, et les perdants vous savez de quoi je parle sont les Marseillaises et les Marseillais. Il suffit de regarder l’état de nos écoles, l’état de nos transports, je le disais il n’y a pas longtemps à des camarades syndicalistes, mais Marseille a moins de kilomètres de ligne de transport en commun qu’une ville comme Brive-la-Gaillarde. Est-ce bien normal pour la seconde ville de France ?

La majorité a souvent tendance à valoriser ses progrès en matière d’emploi. Mais qu’en est-il réellement ? Le choix d’une mutation de l’emploi à Marseille s’est une nouvelle fois fait au détriment des Marseillaises et des Marseillais. Le développement des services et des métiers dit qualifiés ou hautement qualifiés ont exclu tout une partie de la population Marseillaise de l’emploi. Pire, la volonté de Jean-Claude Gaudin de développer le tourisme à tout prix, n’a profité en réalité que très peu aux commerçants et encore moins à l’emploi. En revanche les conséquences de cette politique sont visibles chaque jour lorsque nous voyons du haut des cheminées de ces paquebots immenses, remplis de touristes, cracher leur fumée noire incessante.
Plus que jamais nous avons besoin de nouveau souffle, d’air pur celui-là, pour cette ville.

Mais le bilan catastrophique de Jean-Claude Gaudin et consorts ne s’arrête malheureusement pas là. Comment ne pas évoquer du drame survenu le 5 novembre dernier à la rue d’Aubagne ? Un drame qui aurait pu mille fois être évité si l’inertie de cette municipalité n’avait pas été si grande.

Et ce n’est malheureusement pas faute d’avoir alerté. Que ce soit les associations, les élus communistes et même les fonctionnaires de la mairie en charge du logement, nous avons tous, à notre manière, à plusieurs reprises interpellé la majorité en place sans succès. Assurément ce drame a réveillé quelque chose dans le peuple marseillais. Une prise de conscience dramatique est née le 5 novembre avec ce sentiment que les choses ne pourraient plus jamais continuer telles qu’elles avaient existé jusqu’alors. Qu’il était temps pour les Marseillaises et les Marseillais de mettre fin à un système, un système hérité du passé bien avant même l’intronisation en 1995 de Jean-Claude Gaudin dans le fauteuil de maire.

Alors que la droite était donnée victorieuse largement favorite, et sans aucune opposition apparente, avant le 5 novembre, les choses semblent avoir changé. Un peu comme ce candidat malheureux à l’élection présidentielle vous savez, François Fillon celui qui était déjà président de la République, qui devait tout rafler mais qui au final s’est pris les pieds dans le tapis. Je n’oublie pas pour ma part quand en lieu et place de François Fillon, c’est quand même Emmanuel Macron qui a été élu pour mener une politique sensiblement identique. Il ne s’agirait pas de reproduire ce scénario dans la deuxième ville de France. C’est bien conscient de tout cela qu’au mois d’avril dernier les communistes de Marseille, ont lancé un appel au rassemblement de toutes les forces de progrès et citoyennes de cette ville. Le but étant évidemment d’éviter la division qui serait mortifère pour des centaines de milliers de Marseillaises et de Marseillais. Mais surtout de pouvoir jouer la gagne, et incarner un espoir dans cette ville après tant d’années de désespérance.

Heureusement pour les Marseillaises et les Marseillais, nous n’avons pas été les seuls à avoir cette analyse. Les collectifs citoyens, les associations se sont rapidement réunis, ont échangé, discuté, se sont structurés, afin de pouvoir proposer une véritable alternative. Et c’est finalement tout naturellement après de multiples échanges, que nous nous sommes entendus cet été autour d’un texte fondateur et d’un appel au rassemblement de toutes les forces de progrès, citoyenne, associatives… pour enfin incarner un changement et faire renaître l’espoir pour des milliers de Marseillaises et de Marseillais. Pour la première fois peut-être depuis très longtemps nous sommes en capacité de prendre cette ville. Nous avons collectivement mesuré la responsabilité qui était la nôtre, et je crois que nous sommes en train de réussir quelque chose d’historique. J’en profite pour saluer toutes celles et tous ceux, responsables de collectifs ou d’association ou responsables politiques, présents parmi nous ce soir pour le rôle individuel et collectif qu’ils ont joué dans ce processus. Permettez-moi aussi de saluer comme il se doit l’action de notre camarade Jean Marc Coppola au cours de ce processus puisque nous l’avons désigné porte-parole des communistes de Marseille, mais également pour son action d’élu en tant que conseiller municipal.

Je sais, mon cher Jean-Marc, à quel point tu es engagé et déterminé comme nous le sommes toutes et tous à la réussite de cette dynamique et nous savons pouvoir compter sur toi.

Nous avons aussi, la semaine dernière, lancé un appel en direction du monde du travail et de ses représentants. Car nous considérons que si nous voulons vraiment gagner cette ville, il faudra que les travailleuses et les travailleurs de Marseille puissent d’une manière ou d’une autre se faire entendre dès l’élaboration de notre projet municipal mais aussi pouvoir être associés tout au long de notre campagne aux différentes actions. Je réitère donc ce soir devant vous toutes et vous tous cet appel car tous ensemble oui nous pourrons être victorieux.

Marseille focalise bien évidemment beaucoup de notre attention et de notre énergie, mais dans un contexte métropolitain toutes les villes et villages auront une importance déterminante. C’est pourquoi dans l’esprit de ce qui a prévalu à Marseille nous avons là aussi initié un appel départemental au rassemblement des forces citoyennes associatives et politiques. Dans de très nombreuses villes aujourd’hui sur le département des discussions ont cours pour parvenir à un rassemblement le plus large possible. C’est le cas notamment à Aix-en-Provence deuxième ville du département où là aussi des choses sont en train de se produire. Nous aurons bien évidemment aussi un certain nombre d’enjeux sur des communes à gestion communiste, 12 au total. Il est évident pour nous qu’il est plus que jamais important de renforcer nos majorités, mais aussi de pouvoir être à la reconquête sur un certain nombre de territoires, je pense notamment à Aubagne à Port-Saint-Louis-du-Rhône ou encore à Cuges-les-Pins. Il sera aussi, important pour nous de renforcer notre influence dans un certain nombre de communes ou villages de notre département où nous sommes peu ou faiblement représentés. Avoir des élus c’est aussi faire rayonner nos idées, nos propositions sur un territoire.

Que cela soit à Marseille ou ailleurs sur le département, notre volonté c’est de promouvoir des élus qui soient à l’image de la population de notre territoire, c’est précisément en cela que le mouvement en cours à Marseille est d’autant plus intéressant. Je ne résiste d’ailleurs pas à vous lire quelques phrases de l’appel de la Commune de Paris de 1871 qui reflète à merveille ce à quoi nous aspirons.

« Citoyens,
Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre vie, souffrant des mêmes maux. Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables. Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un beau discours, à un effet oratoire ou à un mot spirituel. Evitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère. Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes (et je rajouterai des femmes) du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c’est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter. Citoyens, nous sommes convaincus que si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considèreront jamais comme vos maîtres. »

Pour conclure, comment ne pas dire un mot de la fête de l’humanité.

Cette année encore comme depuis près de 100 ans, se tiendra la Fête de l’Humanité. Une fête populaire qui rassemble chaque année 800000 personnes venues de la France entière. Une fête où la fraternité est au cœur des échanges des débats, avec aussi les moments festifs que nous connaissons toutes et tous. Nous aurons d’ailleurs lors de cette nouvelle édition de la fête une grande campagne pour la signature pour exiger un référendum contre la privatisation d’Aéroport de Paris. Alors qu’une majorité de françaises et de français sont vent debout contre une telle mesure, ayant déjà en tête le scandale de la privatisation des autoroutes, le président de la république poursuit dans sa logique de vente à la découpe des biens publics. Nous ne l’accepterons pas et l’Humanité sera l’un des temps forts de cette rentrée sociale, à n’en pas douter.

Aussi vous n’êtes pas sans savoir les difficultés que connaît actuellement notre journal l’Humanité. C’est toute la presse qui va mal, mais encore plus la presse d’opinion, celle qui n’est pas aux ordres ou aux mains du grand capital et qui n’a pour ressources que ses lectrices et ses lecteurs. Comme la Marseillaise hier, l’humanité a aujourd’hui besoin de vous. J’incite celles et ceux qui n’ont pas encore acheté leur vignette à la Fête de l’Huma à le faire, mais encore plus, à celles et ceux qui le peuvent, à s’abonner mais surtout à lire l’humanité. Plus que d’un acte de solidarité il s’agit bien là d’un acte pour soi-même. Comme on disait jadis : l’humanité, le journal qui dit la vérité. Et de vérité dans ce monde nous en avons plus que jamais besoin surtout lorsque l’on voit la composition de qui détient les grands groupes d’information. L’humanité ce n’est pas que le journal des communistes non, il est le journal du camp du progrès, il est le journal des travailleuses et des travailleurs, il est le journal de celles et ceux qui luttent pour défendre leur emploi ou pour celles et ceux qui se battent pour un accueil digne des migrants. L’humanité reste plus que jamais fidèle à l’esprit qui a prévalu lors de sa création, fidèle aux idéaux de Jean Jaurès.

Alors oui, mes amis, mes camarades, défendons cet outil formidable qui est à notre disposition et dont nous avons plus que jamais besoin pour mener les batailles qui sont devant nous.

Mes chers amis, mes chers camarades, vous l’aurez compris cette rentrée s’annonce pleine de combats mais aussi et surtout pleine de promesses. Sachons résister, lutter mais aussi et surtout construire ensemble, pour qu’enfin les idées de progrès, de justice sociale et d’émancipation soient à nouveau majoritaires dans notre pays.

Plus que jamais je suis intimement convaincu que cela est à portée de main.

Vive la paix !

Vive le Parti communiste français

Un appel commun pour Marseille

Un appel commun pour Marseille

Un appel commun pour Marseille

Ceci est l’acte de naissance d’un mouvement sans précédent à Marseille.

Nous, habitant·es de Marseille, membres de collectifs citoyen·nes, élu·es, militant·es politiques, syndicaux et associatifs, actons par ce texte notre volonté de construire un rassemblement inédit.

Le changement à Marseille est devenu une nécessité absolue, pour donner à notre ville et ses habitant·es un autre avenir que celui d’être gouverné·es par un système qui ne profite qu’à quelques-uns.

Après des décennies de règne, les héritiers de ce système ont toujours la même vision pour Marseille : fabriquer une ville fracturée et inégalitaire, regarder ailleurs quand les Marseillais souffrent et meurent de politiques publiques qui les abandonnent, ne rien faire face à l’urgence sociale et écologique.

Nous refusons les compromis avec les héritiers de ce système, et avec les représentants de la majorité présidentielle. Il nous faut rompre avec les politiques inégalitaires, anti-écologiques et purement comptables menées par les gouvernements et les municipalités marseillaises successives. Cette rupture est le meilleur moyen de de combattre le projet et les idées de l’extrême droite.

La situation nous impose de passer aux actes. Car nous sommes certains que Marseille n’est pas condamnée. Ni au clientélisme ni à rester la capitale des retards dans tous les domaines.

Marseille peut retrouver la confiance et l’espoir. Marseille a tous les atouts pour faire tellement mieux.

Faisons confiance aux Marseillaises et Marseillais.

Depuis des années, une force citoyenne, vivante et populaire ne cesse de monter en puissance à Marseille, amplifiée par les événements du 5 novembre et leurs suites.

Les collectifs, associations et habitant·es multiplient les initiatives. Nombre d’entre eux privilégient une action sur le temps long, en contre-pouvoir, comme l’ont affirmé les États généraux de Marseille. Ce contre-pouvoir a vocation à s’exercer régulièrement avant, pendant et après les élections. Dans leur diversité, ces mobilisations démontrent une volonté de participer activement à la vie politique de la ville.

A cet engagement citoyen répond l’engagement de militant·es politiques et d’ élu·es qui défendent quotidiennement les conditions de vie des Marseillais. Ils sont déterminés à coconstruire un rassemblement inédit, pour conquérir la ville de Marseille et donner un avenir solidaire, démocratique et écologique à ses habitants, e développant dès maintenant de nouvelles formes de pouvoir citoyen.

Pour ne plus subir, nous devons réunir.
Pour réussir, nous devons coconstruire.

Soyons les porteurs d’espoir.

Ensemble, nous pouvons construire la Marseille de demain.

Une ville égalitaire, solidaire et accueillante, une ville qui protège ses biens communs, avec des services publics de qualité, gérés démocratiquement, accessibles à toutes et tous, une politique culturelle favorisant la création et la diffusion au plus grand nombre.
Une ville qui abolit tout clientélisme, une ville gérée en transparence, gouvernée avec ses 850 000 habitants.
Une ville écologique qui agit fermement, en se basant sur des constats scientifiques, contre le réchauffement climatique et les dégradations des environnements naturels, en répondant aux besoins vitaux (logement, école, déplacements, air, littoral, sols, alimentation, santé…).
Une ville où le développement économique profite à tou·tes.

Ensemble, ouvrons la voie de cette nouvelle espérance.

Rendons possible une alliance citoyenne et politique comme on n’en a encore jamais vu à
Marseille.

Ensemble, créons un mouvement unitaire pour les municipales de 2020 et au-delà, avec toutes les forces politiques, sociales, associatives, syndicales et économiques prêtes à s’engager sur des valeurs : transparence, solidarité, écologie, humanité, justice.

Nous nous engageons à coconstruire avec les Marseillaises et les Marseillais un projet pour faire de notre ville celle que son peuple mérite.

Dans cette Marseille-là, la vie sera plus juste et plus digne. Pour toutes et tous.

Ce projet sera porté par une force inédite, associant sur un pied d’égalité société civile et militants politiques.

Nous nous engageons à ouvrir une plateforme commune pour élaborer ce projet et sa méthode, jusqu’à la constitution d’une équipe.

Marseillaises, Marseillais, l’enjeu est historique. Marseille sera ce que nous en ferons, ensemble !

Hommage à Julien Laupretre

Hommage à Julien Laupretre

Jérémy Bacchi

Secrétaire départemental PCF 13

Nous le pensions indestructible, protégé par son humanisme exemplaire, son altruisme à l’égard de tous « les damnés de la terre », sa bienveillance émouvante, sa générosité au quotidien, son dévouement sans limite. A l’âge de 93 ans, au terme d’une vie d’exception, Julien Laupretre est parti mais il ne nous a pas quittés. Son empreinte et la voie qu’il a tracées resteront pour toujours l’horizon de toutes les femmes et de tous les hommes rêvant et agissant pour plus de justice, de solidarité et de fraternité.

En apprenant ce matin cette si injuste disparition, j’ai éprouvé des sentiments partagés. Tout d’abord, une très profonde tristesse face à la perte de l’homme incomparable, du militant qui a « réinventé » le Secours populaire, du camarade communiste pour qui j’éprouvais une admiration absolue et qui n’incarnera plus cette conception du monde qui est aussi la mienne. Mais à côté de cette peine douloureuse qui touche tous les communistes des Bouches-du-Rhone, j’ai ressenti aussi du respect et de la fierté.

Respect pour l’œuvre accompli au service de tous par Julien. Issu d’une famille parisienne modeste et militante, miroitier de profession, il s’engage à 16 ans dans la résistance au sein des Jeunesses communistes. Arrêté, il fera la rencontre de Manouchian. Le chef du groupe de l’Affiche rouge lui dira: « Moi je suis foutu, je vais être fusillé, mais toi il faut que tu fasses quelque chose d’utile et que tu rendes la société moins injuste… ». Une perspective dont il ne déviera jamais.

Puis viendra, à partir de 1954, la si belle aventure humaine vécue au cœur du Secours populaire qu’il a conduite jusqu’à ses derniers jours. L’association humanitaire existait déjà, mais Julien va la « révolutionner », la modeler pour la rendre plus juste, plus solidaire, plus proche des populations en souffrance, notamment les enfants, plus rassembleuse, plus autonome. Plus indispensable. « J’ai développé l’idée qu’il fallait peser sur les conséquences des drames, quelle que soit l’opinion des gens sur les causes de ces drame » aimait-t-il rappeler.

Tristesse, respect mais aussi fierté. Celle de partager avec un homme d’une pareille dimension le même idéal communiste. Celui de la mise en commun, du partage, d’une conception fraternelle des relations humaines. Jamais, depuis ses premiers engagements, il n’a renoncé à cet idéal.

Peut-être que Julien n’apprécierait pas, tant sa modestie était grande. Mais je le considère comme un « héros » de notre temps. Dans cette époque où l’individualisme est flatté, l’égoïsme revendiqué, la course au fric et aux places encouragée, il a tracé, avec beaucoup d’autres, un tout autre chemin. Le seul qui peut permettre à l’humanité de construire des « lendemains qui chantent ».

Appel au rassemblement pour Marseille

Appel au rassemblement pour Marseille

Marseille est belle et accueillante. Forte de son histoire, de ses quartiers, de ses habitants. Riche aussi de savoirs, de compétences et d’énergies.

Et pourtant les Marseillais.e.s sont nombreux à souffrir, parce que maltraité.e.s, contraint.e.s à vivre ou à survivre dans une ville en panne après vingt-quatre années de gestion libérale. Marseille est fracturée par les inégalités, abîmée et meurtrie par des logiques privées et affairistes.

Marseille c’est un quart de la population qui survit sous le seuil de pauvreté. 100.000 personnes vivant dans des logements indignes. Des écoles publiques indigentes entre rats et punaises, entre amiante et taux d’encadrement par les ATSEM le plus faible de France. Un chômage des jeunes grimpant jusqu’à 50% dans les quartiers les plus pauvres. 20 ans de retard dans les transports en commun qui demeurent le premier frein à l’emploi. La plupart des équipements publics inaccessible aux personnes à mobilité réduite. La culture comme vitrine avec 8 bibliothèques pour 16 arrondissements….

Marseille, on y meurt aussi, parce que pauvre, parce que le logement n’est pas un droit mais un business lucratif érigé en politique publique, parce que les trafics et la violence ont gangrené la vie des quartiers populaires depuis trop longtemps, parce que les inégalités et le recul de l’action publique ont abîmé le lien social.

Ces constats ne sont pas le fruit d’une quelconque lecture dogmatique de notre ville, ils sont notre ville et nous devons les regarder en face pour que cela cesse.

Mis face à leur bilan, le maire de Marseille et sa majorité s’enferment dans un indécent déni, crient au dénigrement par les médias, humilient l’opposition et continuent à mépriser la population, vantant sans nuance ni regret leurs politiques.

Vieux-Port, Mucem, Parc des Calanques, tourisme et croisiéristes, centres commerciaux, complexes immobiliers de luxe… il est vrai que Marseille a changé, mais pas au bénéfice de tous.tes les Marseillais.e.s.

Il est urgent de vivre dignement à Marseille, et c’est possible !

C’est pourquoi les communistes appellent l’ensemble des forces de gauche et de progrès à se rassembler et à mobiliser largement pour changer l’avenir de Marseille.

Les élections municipales de mars 2020 seront l’une des étapes essentielles de ce changement. L’engagement de toutes celles et ceux qui veulent rendre Marseille à ses habitant.es et construire une ville solidaire, écologique et citoyenne est désormais indispensable.

Nous avons la conviction que les forces de gauche, syndicales, associatives et citoyennes réunies peuvent gagner pour conduire Marseille vers le progrès social et partagé.

Sans hégémonie ni figure tutélaire, rassemblé.e.s et déterminé.e.s, dans le respect de notre diversité, nous avons la responsabilité de nous engager collectivement pour construire un projet qui parte des urgences, des revendications que nous portons inlassablement dans les mobilisations comme dans les institutions et qui remettent l’humain au cœur des enjeux et des décisions municipales.

Nous appelons toutes celles et ceux qui partagent cette ambition à se réunir au début du mois de juin afin de définir ensemble les contours et la méthode d’un projet rassembleur et progressiste pour Marseille.

Les premiers signataires :

Jérémy Bacchi, secrétaire départemental du Parti communiste français des Bouches-du-Rhône
Jean-Marc Coppola, Conseiller municipal à Marseille
Valérie Diamanti, Conseillère municipale de Marseille
Marion Honde, Conseillère d’Arrondissement
Marie-Françoise Palloix,Conseillère d’Arrondissement
Christian Pellicani, Conseiller d’Arrondissement
Marc Poggiale, Conseiller Communautaire Métropole / Adjoint au Maire 15/16

Ainsi que l’ensemble des secrétaires de sections du PCF de Marseille :
Maurice Attia
Frédérique Audibert
Henri Bascunana

Eugène Christo-Foroux

Joël Dutto
Audrey Garino

Mireille Huguet

Jacques Kupélian
Florian Le Pape
Nathalie Tessier