Pierre Dharréville

Député de la 13ème Ciconscription des Bouches-du-Rhône

Pierre Dharréville

Pierre Dharréville à Roselyne Bachelot sur la crise de la distribution de la presse Boîte de réception x

5/08/20 | Élu·e·s, Parlementaires

​Comme vous le savez, la situation de la distribution de la presse dans les Bouches-du-Rhône et dans d’autres territoires est catastrophique depuis de trop nombreuses semaines.

Le député Pierre Dharréville, investi depuis le début sur ce dossier, vient d’écrire à la Madame la Ministre Roselyne Bachelot-Narquin pour lui demander d’intervenir.
 

Madame la Ministre,

Comme je vous l’ai indiqué voici quelques semaines ainsi qu’à votre cabinet, la distribution de la presse dans notre région est catastrophique et c’est une situation inacceptable. Sans faire de mauvais esprit, je me demande si on l’aurait tolérée aussi longtemps à Paris. Les opérateurs qui ont en charge cette mission d’intérêt général n’assument pas leurs responsabilités.
La révision de la loi Bichet a bien les effets destructeurs que l’on pouvait imaginer et redouter : nous voici donc avec une distribution de la presse dans sa pluralité non assurée sur l’ensemble du territoire. Pire : c’est une casse sociale considérable qui est au rendez-vous avec une low-costisation des activités concernées.

L’État a sa part de responsabilité dans cette situation au regard de son manque d’implication dans le
sujet depuis des années. Mais en l’occurrence celles et ceux qui ont revendiqué ces responsabilités et effectués ces choix au sein de la coopérative Presstalis, n’en sont pas quittes après les décisions du tribunal. Ils n’ont pas simplement des comptes à rendre aux éditeurs sans débouchés. C’est aux citoyennes et citoyens de ce pays et à la puissance publique qu’ils doivent des comptes et des actes. Si la crise est particulièrement grave en Provence, il me revient des échos préoccupants d’autres territoires comme les pays de la Loire (je vous ai écrit par ailleurs sur ce sujet). Le sentiment que cela donne, c’est que les dirigeants de Presstalis, désormais France Messagerie ont bien l’intention de se saisir de cette passe délicate pour accélérer la mise en œuvre d’une restructuration brutale de la filière, laissant de côté et contournant de nombreux acteurs et salariés. Et la certitude que j’ai, c’est qu’aucun effort n’est fait chez nous de leur part pour résoudre le problème, malgré l’implication attentionnée de monsieur le Préfet des Bouches-du-Rhône et l’organisation, ainsi que je le souhaitais, de tables rondes avec les acteurs du dossier.
En conséquence, il me semble urgent de monter le niveau d’exigence publique à l’égard des messageries afin qu’elles assument correctement et rapidement leurs responsabilités. Les ex-salariés de la SAD ont la clef sur le contact et n’attendent qu’une chose, pouvoir faire leur travail. Il faut taper du point sur la table et exiger que la distribution soit assurée immédiatement sur l’ensemble du territoire quitte à produire les actes d’autorité publique nécessaires comme la réquisition du local qui semble être la source d’un invraisemblable imbroglio et l’injonction à payer le loyer de la part des donneurs d’ordres (qui visiblement n’en donnent pas chez nous).
Madame la Ministre, cette situation est en train d’abîmer la relation entre les lecteurs et la presse, elle est en train d’abîmer le pluralisme et la démocratie. C’est pourquoi je vous demande de bien vouloir agir avec fermeté et célérité.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Pierre DHARRÉVILLE
Député des Bouches du Rhône