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4 Décembre

Raymonde Nédélec – Tillon

22 octobre 1915 – 17 juillet 2016

Résistante communiste, députée et conseillère générale de Marseille après la Libération. Épouse de Charles Nédelec puis de Charles Tillon.

Raymonde Barbé, fille d’un employé au métropolitain, passa une partie de son enfance dans un orphelinat religieux de la région parisienne après avoir perdu ses parents à l’âge de cinq ans. Après son départ pour Arles elle devint militante des Jeunesses communistes, elle adhéra au Parti communiste en 1932 et y organisa la section locale de l’Union des jeunes filles de France.

En 1936, elle épouse Charles Nédélec – secrétaire général de l’UD-CGT (1936-1939), et responsable communiste de la Fédération des Bouches-du-Rhône aux côtés de François Billoux. A Marseille elle participe aux diverses actions menées par le PC et la CGT sous le Front populaire et devient en 1939 membre du comité d’honneur des JFF.

En juin 1940 Charles Nédélec est fait prisonnier lorsqu’il réussit à revenir en France en septembre 1941, Raymonde est arrêtée sur dénonciation, le 31 mars. Emprisonnée successivement à Marseille, à Toulon, à Lyon, à Marseille de nouveau, puis enfin à Rennes, elle est livrée aux Allemands en juin 1944. Déportée au camp de Sarrebrück, puis à celui de Ravensbrück en avril 1944, condamnée aux travaux forcés, elle est affectée dans les usines de guerre de Leipzig où elle organisa le travail de sabotage. Elle réussit à s’évader le 20 avril 1945 avec un groupe de cinq camarades d’une colonne de femmes et revint à Marseille le 19 mai suivant. En 2002 dans son livre « J’écris ton nom, Liberté », elle raconte : « Quand je suis revenue à Paris, pesant à peine 35 kg, j’ai appris le décès de mon mari, mort d’épuisement dans la Résistance ».

En septembre 1945, elle est élue conseillère générale du 6e canton de Marseille battant le candidat MRP. Un mois plus tard, elle est élue député de la 1re circonscription des Bouches-du-Rhône, elle fait partie des 33 premières femmes élues à l’Assemblée. Réélue à deux reprises, en juin 1946 puis en novembre, à l’Assemblée nationale. Elle rencontre alors Charles Tillon, député PCF de Seine-Saint-Denis, ancien mutin de la mer Noire, chef de la Résistance communiste et ministre du Général De Gaulle entre 1944 et 1947.

En 1974 Raymonde Tillon se retira en Bretagne, avec Charles Tillon. Dernière survivante des trente-trois femmes élues à l’Assemblée constituante de 1945 : « Les femmes étaient reconnues comme des citoyennes, en tenant compte de leur travail dans la Résistance ».