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30 Décembre

Jacques Duclos

2 octobre 1896 – 25 avril 1975
Il adhère au Parti communiste le 30 décembre 1920.

Ouvrier pâtissier jusqu’en 1926, puis permanent, Jacques Duclos entre au comité central en juin 1926 pour y rester toute sa vie ; membre du bureau politique en 1931 et au secrétariat de 1933 à 1964 ; élu au comité exécutif de l’Internationale communiste en 1935, il est un des principaux responsables du mouvement communiste international ; sous l’Occupation, J. Duclos eut en France, avec Benoît Frachon, l’essentiel de la responsabilité du Parti ; député de la Seine (1926-1932, 1936-1940 et 1944-1958); sénateur de la Seine (1959-1975) ; candidat à l’élection présidentielle de juin 1969.

Apprenti pâtissier à Tarbes, il était déjà, à quinze ans, un ouvrier qualifié et il décida de « monter » à Paris. De 1912 à 1914, il élargit sa culture et commença à s’intéresser à la politique. Il suivit les cours de l’Université populaire. Sous l’influence d’un camarade socialiste, il lut de temps en temps l’Humanité et aborda les questions sociales. Mais son journal favori était la Guerre sociale de Gustave Hervé dont il appréciait les charges antimilitaristes. En avril-mai 1914, il participa à la campagne électorale dans le Xe arr., secteur Goutte-d’Or-la-Chapelle, où Marcel Cachin était candidat. Cette même année et pour la première fois, il alla à la manifestation du Mur des Fédérés et découvrit à cette occasion l’histoire de la Commune et ses survivants qui l’impressionnèrent fortement.

Mobilisé le 1er avril 1915 il est envoyé après six mois d’instruction, dans les Vosges, au 418e régiment de marche puis au 407e régiment d’infanterie et monta au front devant Bezanges dans un secteur calme, avant d’être dirigé sur Verdun en juin 1916. Pour Jacques Duclos, comme pour tous ceux de la « génération du feu », cette expérience de la guerre fut décisive et marqua son engagement de toute une vie.

Il adhère au Parti communiste le 30 décembre 1920. Il est élu membre du comité central en 1926. C’est cette année également qu’il fait son entrée à la Chambre des députés. En effet, au terme d’une campagne électorale médiatisée en raison de la notoriété de leurs adversaires, lui et son colistier Albert Fournier triomphent de Paul Reynaud et d’Henri de Kérillis lors d’une élection partielle qui se tient le 28 mars à Paris. Aux élections de 1928, vainqueur du leader socialiste Léon Blum dans le 20e arrondissement de Paris, il fait partie des 14 rescapés sur 28 députés communistes sortants. Il ne siège pas au Parlement ; à l’avant-garde de la lutte antimilitariste, il n’arrête pas d’être condamné pour divers délits liés à son action. En 1928, le total de toutes les condamnations qui l’ont frappé se montent à 47 ans d’emprisonnement.

Le 2 novembre, Duclos, Cachin, Doriot et Marty étaient remis en liberté provisoire pour assister à la session parlementaire. En décembre, à la veille de la clôture de cette session, Duclos passait dans la clandestinité, il est envoyé clandestinement à Moscou. Rentré clandestinement en France et toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt, Duclos, comme Thorez et Doriot, doit mener sa campagne par personnes interposées.  Le 29 avril, Duclos est élu avec plus de mille voix d’avance sur son concurrent socialiste. Le gouvernement, toutefois, maintint sa politique fermement anticommuniste, la Chambre refusa l’immunité pour les députés poursuivis et Duclos fut donc contraint de demeurer caché.

En 1937 il se consacre à de grandes campagnes politiques qui seront reprises en 1938-1939 : soutien aux petits propriétaires, aux retraités, aux commerçants, aux fonctionnaires, lutte contre la fiscalité trop lourde, pour la révision du budget, etc. Il devint ainsi le responsable attitré de l’ouverture communiste vers les classes moyennes. En septembre-octobre, il fut à la tête de la campagne pour les élections cantonales, multiplia les meetings puis participa au congrès d’Arles des 25-29 décembre 1937 où il prononça un rapport sur l’unité socialiste-communiste et fut reconduit dans ses fonctions de secrétaire du Parti.

En 1939 il rentre dans la clandestinité, d’abord caché en grande banlieue, il rejoint la Belgique d’où, d’octobre 1939 à juin 1940, il dirige le PCF alors que M. Thorez est à Moscou. Il rentre en France en Juin 1940. En août 1940 il est nommé responsable du PCF clandestin. Il assume ce rôle jusqu’au retour de Maurice Thorez en novembre 1944.

Resté plus de trente-cinq ans dans l’équipe dirigeante du parti aux côtés de Maurice Thorez et Benoît Frachon. De 1950 à 1953, il est secrétaire général par intérim du PCF en raison de la maladie de Maurice Thorez ; il demeure par la suite l’un des principaux dirigeants du parti. Il est présenté à l’élection présidentielle de 1969, où il arrive en troisième position du premier tour, avec 21,3 % des suffrages exprimés. Il s’agit du meilleur score obtenu par un candidat communiste à une élection présidentielle en France.

Il meurt à son domicile le 25 avril 1975. Ses obsèques, organisées à Paris le 29 avril 1975, rassemblent près de 200 000 personnes, entre la place du Colonel-Fabien et le cimetière du Père-Lachaise, où il est inhumé. Avant le discours final, prononcé par Georges Marchais, deux personnalités prennent la parole : Dolores Ibárruri, figure iconique de l’antifascisme, et Boris Ponomarev, représentant le Parti communiste de l’Union soviétique.