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24 Décembre

Jean Cristofol

24 mars 1901 – 21 novembre 1957

Sous-brigadier des Douanes ; syndicaliste et militant communiste ; président du Comité régional de Libération pour la région du Sud-Est (1944) ; Président du conseil municipal puis maire de Marseille (1946-1947), député des Bouches-du-Rhône (1936-1940, 1945-1957).

En 1931, il est nommé sous-brigadier des Douanes à Port-de-Bouc où il est proche des marins, des dockers et des métallos, quelques mois plus tard, il est muté à Marseille et s’installe à la Belle-de-Mai Il est alors élu secrétaire général de la section locale du syndicat des douaniers. L 24 janvier 1934 il est arrêté au cours d’une manifestation sur la Canebière, puis libéré peu après. Le 29, il préside, à la Bourse du Travail, avec Charles Nédelec, Adrien Mouton et Joseph Féraud, devant 10 000 personnes, un grand meeting pour protester contre les arrestations arbitraires qui avaient suivi la manifestation précédente.

Charles Nédelec le fait adhérer au Parti communiste en 1933

Membre du comité régional du PC en 1934, puis du bureau régional en 1935, Cristofol fut délégué au congrès de Villeurbanne en janvier 1936. Il y prit la parole pour apporter le salut et la confiance de la région marseillaise et proposa le vote d’une résolution félicitant le comité central pour son activité et pour sa tactique.

Il est arrêté en 1939 inculpé d’infraction au décret portant dissolution du Parti communiste. Déchu de son mandat de député, le 20 février 1940. Il est libéré le 5 février 1943, il contribue ensuite à la reconstitution du Parti communiste et du mouvement syndical en Algérie, ainsi que, dans cette double perspective, à la création d’un journal, Liberté dont le tirage atteignit jusqu’à 90 000 exemplaires. En décembre 1943, Cristofol est nommé responsable de la région de Marseille pour le Parti communiste.

Il participe aux opérations du débarquement en Provence, à Saint-Tropez, dans la nuit du 14 au 15 août 1944.

Le 30 avril 1945, il est élu conseiller municipal de Marseille, avec 145 067 voix, sur une liste d’union socialiste et communiste Defferre-Billoux qui obtint 49 % des suffrages par rapport au nombre des électeurs inscrits. Le 21 octobre, il est élu député de la 1re circonscription des Bouches-du-Rhône derrière François Billoux, avec 122 096 voix sur 300 000 votants environ. Il est réélu en juin et en novembre 1946, toujours avec plus de 100 000 suffrages. Après la démission de Gaston Defferre, Jean Cristofol lui succède à la présidence du conseil municipal le 28 janvier 1946. Le 24 Décembre 1946 il est élu à la tête de la ville, il est le premier maire de Marseille au bout de huit ans de tutelle administrative, il le reste jusqu’au 27 octobre 1947.

Jean Cristofol est inhumé à Marseille, le 25 novembre 1957 après d’imposantes funérailles. Sa dépouille mortelle avait été exposée à la Bourse du Travail. François Billoux, Pierre Doize, Gaston Defferre, entre autres, prononcèrent des discours. André Remacle composa un poème, « Jean », qui parut dans La Marseillaise du 24 novembre. À l’Assemblée, Robert Lacoste au nom du gouvernement et André Le Troquer, en sa qualité de président, firent son éloge. « Jean Cristofol, déclara-t-il le 26 novembre, laissera parmi nous le souvenir d’un homme loyal et courageux qui savait défendre avec courtoisie les convictions auxquelles il fut toujours fidèle. »

En juin 1966, le conseil municipal de Marseille, à la demande du groupe communiste, décide de donner le nom de Jean Cristofol à la rue Guérin.