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22 Décembre

Frida Kahlo

6 juillet 1907 – 13 juillet 1954

Magdalena Frida Carmen Kahlo Calderón ou Frida Kahlo, née le 6 juillet 1907 dans une démarcation territoriale de l’actuelle entité fédérative de Mexico, la délégation de Coyoacán, et morte le 13 juillet 1954 au même endroit, est une artiste peintre mexicaine.

«Une artiste fascinante et une femme complexe et compliquée, hantée par des fantasmes ennemis », c’est en ces termes qu’André Breton décrivait une des plus grandes artistes du vingtième siècle la mexicaine Frida Kahlo.

Née dans une famille de la petite bourgeoisie (son père est photographe), elle commence à peindre à 18 ans après un très grave accident de bus qui la laissera alitée des mois et dont les séquelles la feront souffrir sa vie durant. Elle s’inscrit au Parti Communiste Mexicain, en 1928, lorsque la vie politique mexicaine est encore trouble et instable.

Elle épouse en 1929 le peintre Diego Rivera, de 21 ans son aîné qui peint des fresques monumentales.

En novembre 1930, ils emménagent à San Francisco car Rivera a été chargé de réaliser des peintures murales pour le San Francisco Stock Exchange et pour la California School of Fine Art, l’actuel San Francisco Art Institute.

Son œuvre constituée de nombreux autoportraits affirme son identité mexicaine et la violence. « Ma peinture porte en elle le message de la douleur» disait-elle.

C’est dans certains de ses tableaux, qu’elle montre son profond attachement au communisme, par exemple dans « Le Marxisme guérira les malades » de 1954. Un autre tableau, « Autoportrait à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis », de 1932, représente son anti-américanisme, que ne partage pas son mari, qui est, lui, fasciné par ce pays et ne veut pas le quitter. Elle exprime son point de vue sur le pays des « gringos » également dans « Ma robe est suspendue là-bas ». Dans ce tableau, Frida Kahlo retrouve l’esprit frondeur des artistes du mouvement d’avant-garde stridentiste qu’elle fréquentait dans les classes préparatoires à l’université, sans partager leur enthousiasme pour le monde industriel moderne. Des photographies collées en bas du tableau montrent en effet des files interminables de chômeurs et des soldats partant au combat.

Outre son dégoût de l’Amérique, la peintre mexicaine se sent de plus en plus mal de l’autre côté du Río Bravo d’autant que, enceinte, elle subit une fausse-couche qui la laisse déprimée. Cette tristesse s’exprime dans un de ses tableaux les plus célèbres « Henry Ford Hospital ou Le Lit volant », dans lequel elle peint un fœtus masculin surdimensionné en position embryonnaire, l’enfant perdu lors de la fausse couche, le « petit Diego » qu’elle avait tant espéré porter jusqu’à terme. « Jamais une femme n’avait mis sur la toile autant d’angoisse poétique que Frida », commentera Rivera.

Revenue au Mexique, Frida Kahlo peint en 1935 le très célèbre « Quelques petites piqûres », qui évoque un féminicide. En 1937 elle offre l‘asile politique à Léon Trotski et sa femme. La liaison qu’elle entretient avec Trotski sera aussi brève que passionnée à l’image de cette femme libre qui a toujours assumé ses choix aux yeux de de la société, notamment sa bisexualité.

En 1938, le couple Kahlo-Rivera accueille à Mexico, André Breton, envoyé à Mexico par le ministère des Affaires étrangères français pour y prononcer une série de conférences sur l’état de la poésie et de la peinture en Europe. Souvent associée au mouvement surréaliste, bien que très amie avec le couple Breton, Frida Kahlo s’est toujours défendue de l’être.

La même année, Frida Kahlo présente avec succès ses œuvres à New York. Elle part à paris en 1939 pour assister à la grande exposition sur le Mexique organisée à la galerie Renou. Elle déteste et la ville et l’exposition d’autant que les galeristes refusent d’exposer ses œuvres, profondément choqués par la crudité de ses tableaux. Elle ressent également un profond dégout pour le milieu intellectuel parisien qu’elle estime prétentieux et inutiles (« Bon sang ! ça valait la peine de venir jusqu’ici juste pour comprendre pourquoi l’Europe est en train de pourrir, pourquoi tous ces incapables sont la cause de tous les Hitler et les Mussolini » écrit-elle à son ami et amant Nickolas Murray).

1942 est l’année de la reconnaissance au Mexique car elle est élue membre du Seminario de Cultura Mexicana, organisation créée par le ministre des Affaires culturelles et composée de vingt-cinq artistes et intellectuels. Elle a pour mission d’encourager la diffusion de la culture mexicaine en organisant des expositions, des conférences et la publication d’ouvrages.

En 1943, Frida dirige une classe de peinture à l’académie des Beaux-Arts. Mais sa mauvaise santé l’oblige à enseigner chez elle. Des douleurs permanentes dans le pied droit et dans le dos l’empêchent de marcher correctement. Elle doit porter un corset de fer (que l’on retrouve dans « La Colonne brisée »).

À la fin des années 1940, l’état de santé de Frida Kahlo s’aggrave et, en 1950, elle doit entrer à l’hôpital où elle reste neuf mois. Elle peut se remettre à peindre, tout en restant couchée après de multiples opérations. Au printemps 1953, la photographe Lola Álvarez Bravo organise la première exposition monographique de Frida Kahlo au Mexique. Son médecin lui interdisant de se lever, c’est sur son lit d’hôpital qu’elle est transportée jusqu’à la galerie pour participer au vernissage.

En 1954, elle peint l’un de ses derniers tableaux:« Autorretrato con Stalin » (Autoportrait avec Staline).

Affaiblie par une grave pneumonie, Frida Kahlo meurt dans la nuit du 13 juillet 1954, sept jours après son quarante-septième anniversaire, officiellement d’une embolie pulmonaire. au cœur même de son dernier tableau, peint juste avant de mourir, elle a écrit : «Viva la Vida» («Vive la Vie»).

Frida Kahlo a toute sa vie défendu l’émancipation des femmes mexicaines, qu’elle décrira comme une : « masse silencieuse et soumise » et dont la place reste encore marginale dans cette société très machiste. Artiste engagée, femme forte, libre et avant-gardiste ,Frida Kahlo est une éternelle source d’inspiration pour bon nombre d’artistes femmes encore aujourd’hui.