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16 Décembre

Lucie Aubrac

29 juin 1912 – 14 mars 2007

Lucie Bernard, depuis son enfance, recherche la liberté. Pour elle, la femme est aussi libre que l’homme.

Elle prendra très vite conscience de la montée du fascisme en Europe et découvrira, en 1936, en se rendant à Berlin à l’occasion des Jeux olympiques, la réalité du nazisme.

Tout en militant activement au sein des jeunesses communistes, elle entreprend alors des études d’histoire et sera reçue, en 1938, à l’agrégation d’histoire-géographie qui la conduira à devenir enseignante. En poste à Strasbourg lorsque la guerre éclate. Elle fait la rencontre de celui qui sera l’homme de sa vie : Raymond Samuel. Ils se marieront le 14 décembre 1939. Fin juin 1940, Raymond est fait prisonnier par l’armée allemande et détenu à Sarrebourg. Lucie parviendra à le faire évader fin août 1940. A l’automne 1940, alors que l’Université de Strasbourg est repliée à Clermont-Ferrand et qu’elle doit s’y présenter pour avoir une affectation, elle formera un premier noyau de Résistance avec notamment Emmanuel d’Astier de la Vigerie dénommé « la dernière colonne », qui amènera à la constitution du mouvement « Libération-Sud ». C’est à ce moment que Lucie et Raymond Samuel décident d’adopter comme « nom de guerre » celui d’Aubrac.

Pendant l’occupation allemande de la France et du régime de Vichy, elle s’engage aux côtés de son mari dans la résistance. Lorsque son mari est fait prisonnier à Lyon avec Jean Moulin et d’autres responsables de mouvements de résistance, par la Gestapo cette fois, elle va tout faire pour le libérer. En prétendant être la fiancée enceinte de Raymond et supplie le chef de la Gestapo à Lyon, Klaus Barbie, de leur permettre de se marier en prison. Obtenant une visite, Lucie fait passer à son mari les plans de l’évasion. Le 21 octobre, elle attaque avec ses compagnons le camion qui transfère des prisonniers et libère son mari ainsi que treize autres résistants.

Lucie entre dans la clandestinité avec Raymond, et rejoint Londres. Elle y est déjà connue, sous le nom de Lucie Aubrac. Elle s’exprime plusieurs fois sur la BBC, notamment pour parler aux femmes ou louer leur combat. En juillet 1944, elle retourne à Paris siéger à l’Assemblée consultative. Elle ouvre également des maisons pour les orphelins de résistants et milite pour les droits des femmes.

Après la guerre, Lucie Aubrac reprend son métier de professeure. Elle se rapproche du Parti communiste et se présente aux élections législatives de 1947, sans être élue. Elle est également active au sein du Mouvement de la paix, organisation pacifiste co-fondée par Raymond en février 1948. Elle intervient régulièrement dans les meetings et se déplace occasionnellement à l’étranger pour y soutenir les actions de l’organisation.

Durant la guerre d’Algérie, elle milite pour les droits de l’Homme. Avec son mari, elle appelle aussi les jeunes générations à se révolter contre les abus du pouvoir et pour la liberté.  Lucie Aubrac meurt à l’âge de 94 ans. Grand officier de la Légion d’honneur, elle reçoit les honneurs militaires et les hommages de toute la classe politique.

« Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent. »