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12 Décembre

Irène Joliot-Curie

12 septembre 1897 – 17 mars 1956

Fille de Pierre et Marie Curie – Physicienne, Prix Nobel de chimie 12 décembre 1935

Directrice du Laboratoire Curie à l’Institut du Radium ; sous-secrétaire d’État à la Recherche scientifique (juin à septembre 1936) dans le gouvernement Léon Blum ; membre du Conseil mondial de la Paix et du bureau de la Fédération démocratique internationale des Femmes, présidente de la Fédération mondiale des travailleurs scientifiques (1953-1956).

Irène Curie entra à la fin de la Première Guerre mondiale comme préparatrice de sa mère à l’Institut du Radium. Durant les hostilités, elle avait suivi Marie Curie qui dirigeait le service radiographique et participait à la mise au point du matériel radioélectrique des voitures de la Croix-Rouge. Bachelière en 1914, licenciée ès Sciences mathématiques et physiques en 1920, elle soutint en 1925 une thèse de doctorat sur les propriétés du rayonnement alpha du polonium.

En 1926, Irène Curie épousa Frédéric Joliot ; leurs travaux communs sur la radioactivité artificielle leur valurent ensemble le Prix Nobel de Chimie en 1935. Convaincue que les femmes n’avaient pas leur juste place dans la société, Irène Joliot-Curie, pensait, comme sa mère Marie Curie, qu’il était de son devoir d’accepter les fonctions qui traduisaient une conquête des femmes. Ainsi accepta-t-elle, à condition de pouvoir retourner prochainement à ses travaux de recherche, d’entrer dans le gouvernement Léon Blum de juin 1936 comme sous-secrétaire d’État à la Recherche scientifique (avec elle, deux autres femmes faisaient partie du premier gouvernement de Front populaire.

Après la guerre, Irène Joliot-Curie fit figure de « compagnon de route » du Parti communiste (parti auquel elle n’adhéra pas à la différence de son mari). Elle appuya de son autorité les manifestations du Mouvement de la Paix, de l’Union des Femmes françaises, de la Fédération démocratique internationale des femmes. En août 1948, elle figura dans la délégation française du congrès mondial des intellectuels pour la paix réunie à Wroclaw. Elle déclara publiquement sa sympathie pour le communisme, notamment au cours d’un voyage aux États-Unis, en mai 1948, ce qui inquiéta les autorités américaines.

Irène Joliot-Curie s’éleva contre l’utilisation de la science à des fins destructives et participa aux campagnes du Mouvement de la Paix pour l’interdiction des armes atomiques et thermonucléaires. En 1951, elle appela à voter communiste.

Professeur à la Sorbonne, directrice de l’Institut du Radium, elle s’intéressa au développement d’un centre d’études nucléaires, centre qui devait s’édifier à Orsay. Le 17 mars 1956, elle mourut à l’hôpital Curie de leucémie, leucémie provoquée par les travaux effectués depuis de longues années sur les radiations. Le gouvernement lui organisa des obsèques nationales qui eurent lieu le 21 mars 1956 dans la cour de la Sorbonne. Elle fut inhumée à Sceaux, auprès de Pierre et Marie Curie.