Jérémy Bacchi

Sénateur des Bouches-du-Rhône | Secrétaire départemental PCF 13

Atteintes aux libertés publiques, Acte II : le retour d’Edwige

14/12/20 | Élu·e·s, Parlementaires

En pleine polémique sur la loi sécurité globale, alors que, chaque samedi, des manifestants descendent dans la rue pour s’opposer à cette loi liberticide. Le gouvernement n’a pas hésité, en ce début décembre, à modifier par décrets les dispositions du code de la sécurité intérieure, élargissant ainsi les critères de fichage des citoyens par la police. Une dérive sécuritaire de plus, d’autant plus inquiétante qu’elle s’est déroulée en toute discrétion.

Les modifications portent sur deux fichiers relatifs à la prévention des atteintes à la sécurité publique ainsi que sur le fichier de base pour les enquêtes administratives. Ces décrets, pris en catimini, autorisent la police à collecter, conserver et traiter les données des individus en fonction non plus de l’activité mais de « l’opinion politique » ainsi que des « convictions philosophiques ou religieuse », ou encore de « l’appartenance syndicale ». Tout aussi inquiétant, s’y ajoute les données de santé « révélant une dangerosité particulière ».

Dans un contexte où la répression se durcit en France et sous couvert de lutte contre le terrorisme, le gouvernement vient, une fois de plus, porter atteintes à nos libertés. Car si ces fichiers visaient initialement « les personnes susceptibles de prendre part à des activités terroristes », désormais, leur champ est étendu aux atteintes « à l’intégrité du territoire ou des institutions de la République » ainsi qu’à la « sûreté de l’État. »

Combien d’entre nous, militants associatifs, syndicaux ou politiques, manifestants, défenseurs des libertés… pourraient se retrouver dans les fichiers de la police avec des critères si vagues ? La CNIL elle-même a alerté sur le périmètre de certaines catégories qui reste trop vaste.  Ce flou latent peut laisser la place aux excès. Les arrestations arbitraires ayant eu lieu ce week-end à Paris lors de la manifestation contre la loi sécurité globale ne peuvent que confirmer ces inquiétudes.

Si le gouvernement entend faire taire les voix revendicatives de cette manière, alors, j’ai espoir qu’au contraire, celles-ci s’élèvent.