Plan santé : communiqué de Pierre Dharréville

18/09/18 | Élu·e·s, Parlementaires

Pierre Dharréville

Député de la 13ème Ciconscription des Bouches-du-Rhône

Pierre Dharréville

Plan santé : E. Macron a oublié le chéquier de l’autre côté de la rue…

Après avoir disserté sur le plan pauvreté, le Président de la République a aussi disserté sur le plan santé préparé par le gouvernement. Omniprésent, omniscient, omnichef, il cherche par tous les moyens à se faire pardonner ses dérapages et sa politique antisociale. Peine perdue. 

Le réel a rattrapé la majorité En Marche : ce plan santé qui n’était pas prévu, qui a été plusieurs fois reporté était devenu incontournable. C’est ce que nous disons depuis le début de notre Tour de France des hôpitaux : cette crise aiguë appelle un plan d’urgence et un plan de long terme pour reconstruire notre système de santé public. 

1- Former des professionnels

Les annonces contiennent des mesures nécessaires, à commencer par la fin du numérus clausus que nous demandons depuis des années. Mais à condition que cela s’accompagne d’une ambition et de moyens pour former plus de médecins, notamment généralistes, et plus de personnel médical dans les années qui viennent. Avec la volonté de mieux mailler le territoire. Qu’en sera-t-il ? La première revendication des personnels, dont la souffrance atteint des sommets, est d’avoir des collègues. Nous exigeons un grand plan de formation et d’embauche de personnels de santé. La mise en place des assistants médicaux interroge : nous disons depuis longtemps que le travail effectué par des non-médecins dans les centres de santé doit être pris en charge, mais nous nous refusons à voir le temps de présence médicale dont bénéficie le patient réduit, y compris pour ne pas affaiblir la qualité de diagnostic de notre système de santé. Nous proposons de donner une bonne impulsion au développement de centres de santé.

2- Mobilier les ressources nécessaires

Le léger desserrement du verrou de l’ONDAM, toujours bon à prendre, chiffré à 400 millions d’euros est nettement en dessous des besoins : c’est plus de 4 milliards qu’il faudrait pour simplement maintenir l’offre de soins existante à son niveau actuel. L’ONDAM serait augmenté de 2,5% quand il faudrait au moins qu’il le soit de 4,5%.

En réalité, Emmanuel Macron a oublié son chéquier de l’autre côté de la rue. Il fait des contorsions sur les transformations du système pour ne pas débloquer le financement nécessaire. Les hôpitaux sont des organismes vivants dont les transformations, quand elles sont souhaitables, ne peuvent se faire sans moyens. La mise en cause de la Tarification à l’activité, que nous réclamons depuis sa création parce qu’elles est un redoutable accélérateur de la marchandisation de soins, doit aller beaucoup plus loin et le financement au parcours ne doit pas être l’occasion de limiter les consultations pour les patients concernés.

3- Arrêter la casse

Nous nous opposons à ce que ce plan constitue une nouvelle occasion d’organiser la confusion entre public et privé, comme cela semble devoir être le cas avec les Groupements hospitaliers de territoire. Il faut développer puissamment la réponse publique. Or, il y a du renoncement dans les choix du gouvernement.

Nous demandons un moratoire sur les fermetures d’hôpitaux, de services et de lits, avec de nombreux acteurs du système de santé. Cette logique destructrice est en train de produire de nombreux dégâts dans nos territoires, du renoncement aux soins et des drames silencieux. Nous refusons de voir des hôpitaux transformés en dispensaires pour personnes âgées. La dette des hôpitaux, résultat des systèmes de tarification désastreux, doit être restructurée à l’échelle nationale pour en finir avec les vives tensions quotidiennes de gestion qui empêchent les établissements de penser leur avenir. Et la taxe sur les salaires prélevée par l’Etat doit y être supprimée.

4- Garantir le droit à la santé en développant la sécurité sociale

Nous proposons une véritable ambition d’aller vers la prise en charge à 100% par la sécurité sociale des soins intégrant le développement du tiers-payant. 

Un plan santé véritable doit s’appuyer sur la force remarquable des personnels et sur les formidables atouts que compte notre système de santé, pour mobiliser la société tout entière.

De grandes mobilisations sont en cours et des rendez-vous importants sont annoncés. Le plan qui vient d’être annoncé ne permettra pas de faire face à la crise de l’hôpital et du système de soins. Je présenterai avec mes collègues à l’issue de notre tour de France des hôpitaux, un plan santé autrement plus ambitieux. Nous avons déjà pris beaucoup de retard, il y a urgence à changer d’ère pour la santé dans notre pays.